Charleroi: deux réalisatrices ont filmé le quotidien de l’Onem (Hainaut)

Charlotte Grégoire et Anne Schlitz proposent une plongée dans le monde des contrôles de disponibilité. Bureaux de chômage sera à voir au FIF le 2 octobre.

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Le cliché du « chômeur profiteur » ne résiste pas à la projection du documentaire de Charlotte Grégoire et Anne Schiltz, deux jeunes anthropologues passionnées de cinéma social. Pendant quatre à cinq semaines, elles ont planté leurs caméras au siège régional de l’Onem à Charleroi, l’un des plus gros bureaux wallons de l’institution.

C’est là que s’opèrent chaque semaine des milliers de contrôles de disponibilité. A la chaîne.

«  Le film interroge le sens du travail aujourd’hui, et ce, dans un monde où l’emploi est de plus en plus précaire, où l’insécurité des travailleurs et des chômeurs est de plus en plus grande, où le modèle d’État-Providence se réduit comme peau de chagrin », expliquent les réalisatrices.

L’administrateur général de l’Onem a rapidement donné son accord à leur projet. «  Il n’y avait aucun parti pris de départ, juste des questions. » Après un solide travail de repérage sur place pour comprendre la nature et le sens des entretiens, elles ont commencé à tourner. «  Toujours avec l’accord des usagers et facilitateurs », précise Marie Basson de la société Eklektik Productions qui a financé le projet avec trois coproducteurs partenaires (RTBF, Wallonie Image Productions et Fédération). La sincérité est au rendez-vous : « Bureau de chômage » est un film émotionnellement fort, qui passe par toutes les couleurs des sentiments humains.

Espoir et désespoir, peur, angoisse, détresse, provocations, révolte et même menaces. Dans la salle d’attente où les chômeurs patientent jusqu’à l’appel de leur nom, mais aussi dans les bureaux cloisonnés de l’administration où s’effectuent les entretiens, l’ambiance est lourde et la tension palpable.

Face à face autour d’une table, il y a d’un côté le facilitateur, chargé de vérifier l’activité de recherche d’emploi pour émettre un avis sur le maintien du droit aux allocations, et de l’autre, le chômeur, venu défendre dignement son statut. La rencontre tourne souvent à la confrontation.

Pour pouvoir sanctionner l’activité de recherche d’emploi (par un avis positif ou négatif), le facilitateur a besoin de pièces probantes : traces d’envoi de candidatures spontanées, réponses à des offres du Forem, participation à des formations… Ça passe ou ça casse.

«  Au bout du compte, c’est une impression d’échec qui se dégage, observe Anne Schiltz, l’absurdité d’un système de contrôle qui impose aux chômeurs la charge de la preuve, et les pousse à faire n’importe quoi. » Jusqu’au découragement pour cette femme qui au terme de son entretien où son exclusion lui est notifiée, quitte le bureau en larmes en affirmant «  qu’elle n’ira jamais au CPAS  ».

Le film sera présenté le 2 octobre au festival international du film francophone de Namur dans la section Jeune Public, puis le 5 dans la section « Regard du Présent ». Il sera également à l’affiche du week-end du documentaire à Mons et Bruxelles les 19 et 20 en novembre avant d’être à l’affiche de cinémas indépendants à Mons, Liège, Bruxelles, Namur et Charleroi où des négociations sont en cours. Début 2016, il sera programmé à la RTBF.

Source : Didier Albin (www.lesoir.be)

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